Google Drive / Suite Office : un mariage séduisant et (ren)forcé

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“Non mais sérieux Sylvain tu rigoles là ! On ne peux pas faire de fusion ni de publipostage de documents dans Google Docs ???”, “la petite disquette (oui je sais et on ne pouffe pas de rire…) elle a disparu pour enregistrer le document ? Je fais comment moi ??” “Donc si Internet coupe on a plus rien quoi….” Ah, les joies de la migration. J’adore ces moments. Avec le recul, j’ai le sourire aux lèvres mais quand vous êtes les mains dans le cambouis, la situation n’est pas si hilarante, croyez-moi.

Sincèrement, Google Drive ça sent bon le sable chaud : c’est top, c’est chouette mais quand on évolue dans un environnement pro-Windows bureautiquement parlant, c’est la galère enfin plutôt ça l’était. Google a enfin mis de l’eau dans son vin afin de faire cohabiter ces deux outils. C’est franchement un soulagement. Le genre de soulagements auxquels vous repensez lorsque vous êtes seuls à votre bureau et que vous vous dites : “Heureusement qu’ils ont (enfin) pensé aux utilisateurs…” 

En tant que responsable IT, j’ai déployé pour plus d’une centaine de collaborateurs la GSuite en lieu et place du fameux combo désormais quasi désuet : serveur Windows et suite Office. Et bien je peux vous dire que casser les habitudes n’est pas quelque chose de simple du côté utilisateur.

La dictature windowsienne que l’on vous impose depuis le plus jeune âge a formaté les esprits et les habitudes. La plupart de mes collaborateurs (je pense que l’on peut extrapoler) respirent et transpirent la suite Office. Et ils défendent leur bébé coûte que coûte. Google est vu comme le diable qui en plus, ne s’habille pas en Prada. Et oui mesdames et messieurs, un déploiement GSuite était il y a encore de cela quatre ans, un véritable chemin de croix quand on rencontre un public accroché à Word et à toute sa compagnie de joyeux lurons. J’ai des collègues qui m’ont limite supplié de leur laisser le golden pack car Google “ils n’allaient pas s’y faire”. “Et puis tu comprends c’est moins complet, et puis tu comprends au moins c’est installé sur la machine on sait jamais avec notre connexion Internet…”. C’est bien connu on est en 512k et c’est moi qui pédale pour augmenter le débit. Je le vois votre sourire là, nous sommes tous concernés par ce type de remarques qui font avancer le monde à pas de pucerons. 


Mais Alléluia la donne a changé depuis quelques temps, le ciel s’est dégagé. L’anticyclone des “Onsensort” est centré sur nos vies professionnelles. Le gap entre les différents logiciels s’est refermé et la tendance s’est pour moi inversée.

Qui oserait encore dire en 2019 que Word et Excel sont des références ? Très sincèrement je suis prêt à en débattre très sérieusement. Google fait désormais jeu égal avec la suite Office. Docs et Spreadsheet ont comblé leurs retards par le biais d’ajouts subtils et ingénieux de nouvelles fonctionnalités au cours de ces dernières années (consultation de l’historique par exemple, vraie dictée vocale…). Ils sont désormais réellement compétitifs et arborent fièrement une armure professionnelle, n’en déplaise à certains. Et le pire dans tout ça c’est que Docs a un menu de couleur bleue comme Word et Spreadsheet un menu de couleur verte comme Excel. Et ça c’est l’information la plus importante de notre vie. Imaginez si les couleurs de RÉFÉRENCE avaient changé. Rien que d’y penser j’ai mal au ventre, mon coeur palpite vite je vais ouvrir la Windows. Anatole France disait que l’ironie était la gaieté et la joie de la sagesse. Méditons.

Mais pour les éternels réticents à l’épouvantail de Moutain View, la donne a également changé. On avait déjà assisté à l’arrivée de File Stream il y a de ça quelques mois. En effet, il est arrivé sur son beau cheval blanc, pour tous nous sauvés des griffes de l’impitoyable GSuite. En réalité relativisons un peu, Google a d’abord voulu brosser les utilisateurs de la suite Adobe là où était véritablement le problème. Concrètement essayez de vous mettre à la place d’un infographiste qui doit réaliser un jeu de down/upload avec des fichiers InDesign ou Photoshop toute la journée. Encore mieux que CandyCrush. La suite Office en a donc parallèlement profité pour se refaire une place au soleil. L’outil est quand même soyeux. Le Cloud mappé comme un clé USB dans l’explorateur Windows et vulgarisé en bons vieux dossiers jaunes. Efficaces pour les purs et durs. “C’est génial c’est comme Netflix !”. Echec et mat. Google is the new Black.

 

Mais Google a décidé d’aller encore plus loin. Plus besoin de télécharger quoique ce soit ou de laisser un programme faire une synchronisation de fichiers pour vos beaux yeux. Le Drive s’est désormais fiancé et il flirte désormais avec la suite Office. Ou plutôt Google s’est intelligemment intéressé à ces réticents de longues dates en leur servant un plat délicieux. Un carpaccio de documents office sur un lit de Google Drive. Appétissant non ? le full web des bureaux est donc né. C’est peut être passé inaperçue pour beaucoup de monde mais pour les administrateurs comme nous, la nouvelle a fait grand bruit. Je ne vous parle pas de la réactions des end users….. On se retrouve donc en résumé avec une version web totalement opérationnelle. Sans sucres ajoutés, sans paramétrage particulier, sans achat de Suite Office.

Alors vous me dirait “je fais comment pour créer un document Office ???”. Google Drive\le gros bouton “nouveau”\Google Docs\ lance-toi tu vas voir c’est bien. lance-toi, sinon, appelle moi, on en parle. 

 

 

 

En conclusion, la réflexion finale est intéressante. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de prendre le meilleur de tous ces mondes pour embellir notre quotidien et surtout combler les désirs parfois ubuesque de nos collaborateurs ? En incorporant trop de technologies la GSuite ne va t-elle perde toute sa saveur…? Quoiqu’il arrive elle a de (très) beaux jours devant elle.

I’m not a “Windows Hater”. Heartily.



3 comments

  1. Ceci étant pour le publipostage ce n’est pas faux… Office est beaucoup plus simple à mettre en place.

  2. Pas RGPD du tout … les données hébergées aux states … le patriot act …

  3. ABC faute
    «Alors vous me dirait “je fais comment pour créer …»

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