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Retour d’expérience du Chromebook par Michael RAVIER

Ecrit par Michael Ravier

Consultant en solutions collaboratives pour les entreprises et grand utilisateur d’outils Google, voilà de nombreuses années que j’ai progressivement déplacé mes outils de travail et ma vie numérique dans le cloud. Depuis environ 2 ans je travaille exclusivement dans mon navigateur, sans stocker aucun document en local. Se posait alors la question : pourquoi rester avec un système lourd tel que Windows ou Mac OS alors que je peux me débarrasser du superflu ?

Cet été j’ai sauté le pas. J’ai non seulement acquis un Chromebook (le DELL Chromebook 13), mais j’ai revendu mon unique PC. Le Chromebook est désormais mon unique appareil personnel et professionnel, et j’en suis enchanté.

Voici pourquoi.

Chrome est pour moi un navigateur incontournable (synchronisation des formulaires, mots de passe, favoris, coockies et historique de navigation, extensions… etc).

Malheureusement, ce qui était en 2009 un navigateur minimaliste et ultra léger est devenu, ne mâchons pas les mots, un ogre en mémoire vive et ressources processeur, sous Windows ou Mac. Cela s’en ressent sur la vitesse d’exécution, la durée de vie de la batterie (parfois divisée par deux par rapport à Edge ou Safari !), le déclenchement des ventilateurs pour refroidir le processeur.

Sur Chromebook, rien de tout cela. Le système étant optimisé et réduit à l’essentiel (le navigateur), les pages se chargent plus vite, la navigation est beaucoup plus fluide (aucune saccade dans le défilement), et cela, même avec un processeur “lent” (Intel Celeron) et 4Go de mémoire vive. Je peux jongler entre 15 onglets sans ralentissement notable. C’est extrêmement appréciable au quotidien. De même, mon DELL Chromebook 13 est complètement silencieux et la batterie dure, en conditions réelles de travail intendsf, autour de 9 heures.

  • J’ai tout ce qu’il me faut avec un Chromebook.

Certes les Chromebook ne sont pas pour tout le monde. Ceux qui fonctionnent “à l’ancienne” seront probablement perdus sans leurs Outlooks et fichiers multimédias stockés localement. Mais mon expérience me montre qu’il est désormais possible de faire à peu près n’importe quoi dans le navigateur. Jusqu’à l’utiliser comme lecteur de musique (des centaines d’albums hébergés gratuitement dans mon Google Music). Même mon imprimante – scanner basique dispose d’un serveur web permettant de numériser les documents via le navigateur.

Et lorsqu’on n’a pas de connexion ?

Et bien c’est aujourd’hui très rare de se trouver dans cette situation. Je n’ai d’ailleurs même pas pris la peine d’installer l’extension “GMail Offline” permettant de travailler sans connexion Internet. Je rédige actuellement cet article dans Google Docs, à bord d’un train entre Paris et Clermont Ferrand. Les ruptures de connexion 3G sont plutôt rares. Et même si elles surviennent, certains service comme Google Drive (édition de documents) peuvent être utilisés hors ligne dans le navigateur. C’est pour moi un faux problème. A l’inverse, j’ai la certitude de pouvoir accéder à tous mes documents dans un même espace protégé, toujours à jour, sans risque de conflits de version pour les documents partagés.

Finalement, le seul élément qui me manque pourra vous paraître anodin : c’est mon gestionnaire de mot de passe. J’utilise une application gratuite géniale, (“Safe in Cloud”), qui nécessite malheureusement d’être installée sur PC et smartphone. Mais cette carence devrait bientôt être réglée avec la possibilité prochaine d’installer des applications pour Android sur Chrome OS (ce qui ouvre de nombreuses perspectives pour les usages “pointus” et signe selon moi le début de la fin pour Windows).

  • … et rien qu’il ne me faut pas avec un Chromebook.

Le plus appréciable dans un Chromebook, c’est surtout ce qu’il n’y a pas : des paramètres compliqués, une ré-installation longue et lourde avec des dizaines de mises à jour à installer, des applications inutiles qui se lancent au démarrage, etc. Initialiser un Chromebook pour la première fois est aussi rapide et simple que se connecter à sa boite mail.

Fonctionnant beaucoup sur une connexion 3G et 4G, je suis également assuré que le système ne mangera pas tout mon forfait DATA avec des téléchargements de mises à jour.

En cas de problème, il me suffit d’ajouter mon compte sur un autre Chromebook, et tous mes paramètres, raccourcis, applications sont réinstallés automatiquement en 30 secondes.

Malgré ce dépouillement, les Chromebook ne sont pas aussi limité qu’on pourrait le croire : ils gèrent parfaitement les écrans externes, beaucoup de périphériques USB (jusqu’aux cartes son externes, adaptateur Ethernet…), et cela sans la moindre bulle “installation en cours”. Gérer ces périphériques (comme le positionnement d’un écran, le choix de la sortie son) se fait extrêmement facilement depuis le menu inférieur droit.

Le Chromebook est enfin parfaitement sécurisé : la simplcité du système favorise sa robustesse. Par ailleurs les données sont sauvegardées en ligne, et rien n’est accessible en local (la mémoire tampon est cryptée). Enfin, je peux facilement déverrouiller ma session Chromebook en posant simplement le doigt sur le lecteur d’empreinte digitale de mon smartphone. Pratique…

  • Une diversification des produits sur Chromebook

Pourquoi avoir attendu si longtemps, me direz vous ?

Parce que je suis aussi exigent sur le matériel que sur le logiciel.

Je suis intraitable en particulier sur la qualité d’écran; Pas question pour moi de descendre en dessous d’une résolution Full HD avec une technologie IPS, qui permet de bons rendus de couleurs et des angles de vision larges.

Jusque très récemment, aucun Chromebook ne répondait à ces critères, hormis peut-être le Toshiba Chromebook 2, excellente machine dans l’ensemble mais avec un processeur semble-t-il trop limité pour mes besoins (équivalent à ce qu’on trouve dans un smartphone). J’ai envisagé d’acheter le Chromebook Pixel, la Rolls à $1400 de Google, mais aucune version française (AZERTY) n’existait sur la deuxième génération.

Dell Chromebook 13 (Model 7310, codename Meridian) 13.3-inch notebook computer.

Dell Chromebook 13 (Model 7310, codename Meridian) 13.3-inch notebook computer.

Aujourd’hui la catégorie “Chromebook” commence à accueillir des machines dites “professionnelles” très bien finies, comme le DELL Chromebook 13 ou le HP Chromebook 13 G1. Elles sont certe deux fois plus chères que la moyenne des Chromebook en version de base, mais pourquoi diable cette plateforme n’aurait-elle pas droit au Premium ? L’expérience montre qu’elle n’ont aucune raison de se cantonner au rôle de “2e machine de salon pour surfer un peu sur le web”.

Et pour 500€, je peux vous assurer que la qualité de finition vaut bien celle d’un PC Windows à 1000€. Outre l’écran flatteur, le clavier rétro-éclairé du DELL est le plus agréable que j’ai jamais utilisé. Le glissé du trackpad surpasse probablement celui d’un macbook Air. Seul le poids du DELL est un peu élevé (1,6kg pour un 13 pouces), mais sa prise est main est agréable et la batterie me permet de laisser le chargeur à la maison.

  • Pas seulement pour l’écosystème Google

On pourrait redouter, en optant pour un Chromebook, s’enfermer dans l’écosystème Google. Je ne pense pas que cela soit le cas, à la différence peut-être d’Android, qui intègre quantité d’applications Google.

En effet un Chromebook se contente avant tout de proposer un navigateur Internet ultra-performant. Et ce navigateur excelle aussi bien avec Google Apps que Microsoft Office 365, par exemple. Il faut certes un compte Google pour créer une session, mais le lien de subordination s’arrête là et aucun application pré-installée n’encourage leur utilisation “par défaut”.

Il m’arrive d’ailleurs d’effectuer des formations sur cette suite, et de recommander comme pour Google Apps, d’éditer des documents Word directement dans Word Online, accessible dans le navigateur. L’expérience utilisateur sur un Chromebook est tout aussi excellente qu’avec les Google Apps. Il s’agit simplement d’adopter définitivement la version “service en ligne” des outils que nous avons l’habitude d’utiliser, et d’abandonner les logiciels. Les personnes que je forme préfèrent d’ailleurs généralement la version épurée de Office Online à la version encombrée du logiciel Outlook, par exemple.

A propos de Michael Ravier

Michael Ravier est un consultant indépendant spécialisé dans le conseil des entreprises pour l’amélioration de leur efficacité et de leurs processus de travail, au travers d’outils novateurs et de bonnes pratiques d’utilisation. Vous pouvez le contacter sur  michael.ravier@oukejaille.com

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A propos de l'auteur

Michael Ravier

Michael Ravier, fondateur de la société Worklive.eu, est consultant et formateur en solutions numériques collaboratives pour les entreprises.

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